Comment es-tu entré dans ce métier ?
A la base, je voulais être dessinateur publicitaire, mais je n’ai pas pu pour des raisons familiales. Du coup, comme j’aimais les métiers artistiques, j’ai suivi une formation au lycée Colbert à Tourcoing pendant 2 ans où j’y ai appris le vieux métier de conducteur typographique.
Alors explique-moi ce qu’est un conducteur typographique ?
C’est un métier qui aujourd’hui n’existe plus avec l’informatique et l’essor du numérique. Concrètement, il consiste à placer des caractères en plombs un à un sur un composteur (c’est une sorte de réglette) pour créer des mots, puis des phrases qui étaient mise en page. Ce travail demande beaucoup de patience et de précision. En typo, nous ne parlons pas en centimètres mais en cicéros et en points : c’est tout un calcul !
Où étais-tu avant d’arriver chez HPC-ADLIS ?
J’ai commencé en 1976 chez Breyer à Mouvaux en typographie, échantillonnage et découpe. Les anciens ont fait mon apprentissage. Au bout de 5 ans, j’ai quitté cette entreprise pour démarrer la société Multifaçons, experte en façonnage et découpe. Ensuite j’ai travaillé chez Delecluse comme typographe spécialisé dans les travaux pour maisons d’édition. J’y ai également appris l’impression offset 1 et 2 couleurs mais que je n’ai pas continué. 13 années plus tard, j’ai aidé au démarrage d’une nouvelle société Print Finition. C’est là-bas que j’ai fait la connaissance de Philippe Hourdain en tant que client. Et en février 2006, je suis arrivé chez ADLIS.
Ton métier a-t-il beaucoup évolué ?
Oui, il y a eu une réelle adaptation de ma profession d’avant à celle d’aujourd’hui. Avec les nouvelles technologies, le numérique a complètement écrasé le métier d’antan : moins de calculs, disparition des mises en page avec des lettres en plomb… Et puis les formes de découpe sont plus lourdes et les matières ont changées elles aussi (PVC, magnet, etc.) ce que implique des techniques différentes de passage en machine.
Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton travail ?
Je ne vois pas le temps passer ! C’est un métier riche qui demande une remise en question permanente.
Pourquoi ?
Parce-que une forme faite la veille peut bouger, le papier peut changer par l’humidité, le sens des fibres d’un support n’est pas toujours le même, il se travaille plus ou moins facilement.
Et puis c’est un vrai travail de recherches